Ce soir mon cœur escalade la montagne,
entraîné par celle qui un jour s’unit à moi par-devant les hommes et par-devant les lois. Elle va le garder près du sien afin que de nouvelles lignes de vie s’incrustent en eux, pareil à celles
qui suivent les crêtes sans jamais se croiser, sous le regard bienveillant des cieux et celui attendrissant des étoiles.
De l’univers descendront des notes nouvelles qui se poseront sur nos lignes, pour inscrire un air jusque là inconnu.
Sur la partition se dessineront des soupirs, des silences et bien d’autres signes toujours plus joyeux.
Ils s’accrocheront comme savent le faire les baisers sur les paupières de l’être aimé, protégeant ainsi le regard qui se perd dans l’infini à l’écoute des mélodies venues d’ailleurs, des airs que transporte le vent à travers le monde pour les déposer aux pieds des amoureux.
Ce sont des musiques métisses dans lesquelles brillent les rayons d’un soleil jaloux de nos sourires. Il sait donner aux peaux des couleurs cuivrées mais il demeure infiniment triste car il ignore les mots qui rendent les gens heureux.
Il se murmure que sa tristesse est si grande qu’il en mourra de chagrin dans un dernier matin obscur.
Ce soir mon amour, les montagnes, les placers où l’or coula tant qu’il fit perdre la tête à beaucoup nous séparent, mais il me suffit de fermer les yeux pour entendre ton cœur battre la chamade, cherchant à retrouver son rythme entre deux sanglots à peine étouffés par la pudeur.
C’est ainsi que fût et continue d’être notre amour. Discret mais puissant, pudique et pourtant se livrant sans retenue, ne gardant par devers lui aucun des sentiments que d’autres cultivent et protègent dans leur jardin secret.
Oh ! Je ne dirai pas que les lignes de cœur sur lesquelles courût notre vie, furent sans histoire et toujours droites, tendues comme la corde de l’arc. Non, nous eûmes souvent besoin de nos quatre mains pour les retenir et les faire se rapprocher afin qu’elles restent parallèles et orientées vers notre destinée. Nos pas alors se faisaient plus gais et plus légers, semblant effleurer un tapis de pétales odorants, de ces fragrances qui vont si bien avec la tendresse, venues non pas d’un, mais de mille arbres sachant produire les fleurs qui accompagnent l’amour.
Jamais nos mains n’eurent besoin de se chercher pour se serrer. Elles se trouvaient toutes seules car jamais loin l’une de l’autre. Il en fût de même pour nos yeux qui ont toujours su accrocher leur regard sur la plus haute branche afin de nous indiquer la direction d’une nouvelle aventure. Je crois ma mie, que nous vivons sans cesse notre premier jour, celui qui nous fît nous rapprocher pour ne plus jamais nous séparer.
Je n’aurai jamais imaginé que cette journée fut si longue, si douce et si belle. C’est sans doute ton regard qui lui donne cet éclat qui s’amuse à jouer avec la lumière céleste, distribuant des bourgeons aux parfums généreux qui sont autant d’indices pour les nôtres s’ils veulent nous suivre. Ils pourront ainsi s’ils le désirent, auprès de nous chercher un peu de notre bonheur si le leur venait à s’essouffler.
Je n’ai pas le talent du poète pour t’écrire une chanson dont chaque syllabe glisserait sur nos lignes de cœur jusqu’à trouver sa place, complétant ainsi la partition. Mais sache en cette nuit qu’illumine notre lune complice que partout où tu seras j’entendrai ton cœur battre pour nous deux, qu’à tout instant sur mes lèvres je sentirai les tiennes les frôler avant de s’y poser et que quelque part dans la nuit sur notre étoile nos regards se dirigeront.
Je sais aussi qu’en mes yeux les tiens viendront déposer leur éclat et que tes pensées aux miennes se joindront afin que nos rêves ne s’écartent point de notre si belle histoire.
C’est que chez nous, défiant les lois de l’équilibre, de la connaissance et des mathématiques un plus un ne feront jamais deux car notre amour est unique. Nos cœurs depuis longtemps sont si proches qu’ils se confondent et qu’en cette nuit d’automne ils produiront suffisamment de sentiments pour, comme le regain nous ne finissions jamais de le récolter afin que nous puissions nourrir nos enfants et même ceux chez qui le destin les en avait privés
Amazone Solitude
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