Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 13:34

Ce soir mon cœur escalade la montagne, entraîné par celle qui un jour s’unit à moi par-devant les hommes et par-devant les lois. Elle va le garder près du sien afin que de nouvelles lignes de vie s’incrustent en eux, pareil à celles qui suivent les crêtes sans jamais se croiser, sous le regard bienveillant des cieux et celui attendrissant des étoiles.


De l’univers descendront des notes nouvelles qui se poseront sur nos lignes, pour inscrire un air jusque là inconnu.

Sur la partition se dessineront des soupirs, des silences et bien d’autres signes toujours plus joyeux.

Ils s’accrocheront comme savent le faire les baisers sur  les paupières de l’être aimé, protégeant ainsi le regard qui se perd dans l’infini à l’écoute des mélodies venues d’ailleurs, des airs que transporte le vent à travers le monde pour les déposer aux pieds des amoureux.


Ce sont des musiques métisses dans lesquelles brillent les rayons d’un soleil jaloux de nos sourires. Il sait donner aux peaux des couleurs cuivrées mais il demeure infiniment triste car il ignore les mots qui rendent les gens heureux.

Il se murmure que sa tristesse est si grande qu’il en mourra de chagrin dans un dernier matin obscur.


Ce soir mon amour, les montagnes, les placers où l’or coula tant qu’il fit perdre la tête à beaucoup nous séparent, mais il me suffit de fermer les yeux pour entendre ton cœur battre la chamade, cherchant à retrouver son rythme entre deux sanglots à peine étouffés par la pudeur.

C’est ainsi que fût  et continue d’être notre amour. Discret mais puissant, pudique et pourtant se livrant sans retenue, ne gardant par devers lui aucun des sentiments que d’autres cultivent et protègent dans leur jardin secret.


Oh ! Je ne dirai pas que les lignes de cœur sur lesquelles courût notre vie, furent sans histoire et toujours droites, tendues comme la corde de l’arc. Non, nous eûmes souvent besoin de nos quatre mains pour les retenir et les faire se rapprocher afin qu’elles restent parallèles et orientées vers notre destinée. Nos pas alors se faisaient plus gais et plus légers, semblant effleurer un tapis de pétales odorants, de ces fragrances qui vont si bien avec la tendresse, venues non pas d’un, mais de mille arbres sachant produire les fleurs qui accompagnent l’amour.


Jamais nos mains n’eurent besoin de se chercher pour se serrer. Elles se trouvaient  toutes seules car jamais loin l’une de l’autre. Il en fût de même pour nos  yeux qui ont toujours su accrocher leur regard sur la plus haute branche afin de nous indiquer la direction d’une nouvelle aventure. Je crois ma mie, que nous vivons sans cesse notre premier jour, celui qui nous fît nous rapprocher pour ne plus jamais nous séparer.


Je n’aurai jamais imaginé que cette journée fut si longue, si douce et si belle. C’est sans doute ton regard qui lui donne cet éclat qui s’amuse à jouer avec la lumière céleste, distribuant des bourgeons aux parfums généreux qui sont autant d’indices pour les nôtres s’ils veulent nous suivre. Ils pourront ainsi s’ils le désirent, auprès de nous chercher un peu de notre bonheur si le leur venait à s’essouffler.


Je n’ai pas le talent du poète pour t’écrire une chanson dont chaque syllabe glisserait sur nos lignes de cœur jusqu’à trouver sa place, complétant ainsi la partition. Mais sache en cette nuit qu’illumine notre lune complice que partout où tu seras  j’entendrai ton cœur battre pour nous deux, qu’à tout instant sur mes lèvres je sentirai  les tiennes les frôler avant de s’y poser et que quelque part dans la nuit sur notre étoile nos regards se dirigeront.


Je sais aussi qu’en mes yeux  les tiens viendront déposer leur éclat et que tes pensées aux miennes se joindront afin que nos rêves ne s’écartent point de notre si belle histoire.

C’est que chez nous, défiant les lois de l’équilibre, de la connaissance et des mathématiques un plus un ne feront jamais deux car notre amour est unique. Nos cœurs depuis longtemps sont si proches qu’ils se confondent et qu’en cette nuit d’automne ils produiront suffisamment de sentiments pour, comme le regain nous ne finissions jamais de le récolter afin que nous puissions nourrir nos enfants et même ceux chez qui le destin les en avait privés

Amazone Solitude


 

Par amazone.solitude
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 01:57

Je me présente à toi terre qui vit naître, grandir et mourir tant d'hommes qu'aucun nombre précis ne saurait être retenu par ma mémoire défaillante et oublieuse. Ô mon pays, j'aimerai qu'un instant tu t'arrêtes d’agonir pour me dire quelle vie fût la tienne avant que tu choisisses la misère pour compagne. Etait-ce vraiment le jardin d'éden tant raconté par les anciens, qui s'étendait au delà même où mes yeux s'arrêtent de deviner le monde, au pied de l'horizon qui semble être une barrière pour empêcher le bonheur de nous visiter. Je sais pourtant des endroits où les peuples vivent en harmonie, ne redoutant pas les lendemains lorsqu'ils confient leurs rêves à la nuit qui veille sur eux de ses milliers d'étoiles.

J'ai traversé le temps qui m'était imparti sans qu'aucun jour ne soit différent des précédents, si ce n'est que la terre qui se fendait toujours un peu plus comme pour demander pardon d'avoir eu l'audace une fois d'être grasse et nourricière. Il me fallut bien du temps, de celui qui s'inscrivait sur la roche afin que l'on ne l'oublie pas, pour comprendre qu'une terre de souffrance ne pouvait féconder que la douleur dont elle se nourrit elle-même et qui s'installe en nous jusqu'au dernier jour, tel un parasite.

Me voici au soir de mon destin sur la plus haute montagne, toit de mon pays, pareil à la dernière marche d'un immense escalier d'où j'embrasse l'espace qui fût le mien. De là-haut, en te contemplant, on comprend mieux pourquoi sur nos visages jamais un sourire n'est venu s'installer qui pourtant aurait ressemblé à un rayon de soleil dans la nuit. Les plaines ont disparu, les monts eux-mêmes semblent fuir afin que la lumière ne se pose pas sur leur tristesse.

On me pensera homme de peu de foi, mais de vivre aux portes de l'enfer, peut-il faire naître l'amour et la reconnaissance dans le cœur des hommes envers l'être suprême que d'autres prient à toutes heures du jour ? Peut-on dire merci quand la vie s'est retirée, quand l'eau reste suspendue aux nuages qui traversent à grandes enjambées sans daigner se poser sur la moindre éminence ? Que penser du créateur qui a laissé se dessécher le lit des rivières pour laisser le flot se perdre dans les entrailles du désert, que penser de lui en regardant les arbres se dépouiller et devenir squelettes avant de s'allonger sur le sol qui se referme sur eux ? En quelle langue doit-on lui demander d'arrêter de transporter la terre devenue poussière qui s'accrochait désespérément aux collines pour la déposer sous des cieux plus cléments. Votre création n'était donc-t-elle pas parfaite pour que d'un revers de la main vous démontiez votre œuvre tel un enfant son château de sable sur une plage ?

Je suis prêt en ce jour à rejoindre mes ancêtres. Je suis vieux, las et le vide semble m'appeler. Pourtant j'aurai tant voulu verser quelques larmes sur cette terre qui me vit plus mourir chaque jour que grandir dans le cœur des miens. Peu d'entre elles auraient suffit pour apporter l'humidité nécessaire à faire germer la graine d'une fleur, fusse-t-elle la dernière. Pressée de vivre, elle se serait épanouie avant la nuit et mon esprit aurait fait prisonnière sa couleur. Il serait imprégné de son parfum et de sa grâce pour que je les emmène dans l'éternité comme l'ultime cadeau de la vie. J'aurai pu aussi dire au ciel que l'éclat des pétales et la délicatesse de ses fragrances sont les couleurs de l'esprit et le parfum de la vie qui manquent tant ici bas.

Je demande pardon à ceux que j'abandonne, mais c'est la règle qu'aucun de nous ne soit éternel. Pardon pour ne pas avoir réussi à entraîner suffisamment de frères dans mes désirs de rendre les saveurs originales de notre terre, pardon pour mes faiblesses qui me conduisent en ce lieu.

J'entends déjà des voix qui m'appellent, je distingue des bras qui se tendent, me faisant des signes. Je ne me retourne pas car je sais que mes traces sont déjà effacées, j'ai senti le vent se lever derrière moi.

Les forces du bien auront été absentes durant mon passage sur la terre, je confie donc mes souvenirs aux forces du mal. Je sais que dans un dernier ricanement, elles les disperseront à travers l'univers et je souhaite qu'une partie même infime se pose dans le coeur d'un enfant à naître, afin qu'il ait la sagesse de traverser à son tour sa vie dans la plus grande humilité.

 

Amazone Solitude

Par amazone.solitude
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 01:44

Ma chère aïeule que l’on qualifia de « fille de l’ombre » alors qu’elle permit à nos contemporains de faire la lumière sur une époque qu’à peine nous avions imaginée, permets-moi ce soir de venir près de toi déposer mon chagrin.

Vois ce qu’ils ont fait de notre berceau, de ton pays qui te vit naître. J’ose écrire que tu y fûs heureuse bien qu’en ce temps là, le sentiment de bonheur ne portait pas de nom et nul n’avait alors inventé le mot qui allait avec le sourire.

 

La vie n’était pas un long fleuve tranquille et il te fallait, ainsi qu’aux tiens, bien de la hargne et de la volonté pour vivre l’instant et inventer le suivant en essayant de le rendre meilleur.

Depuis le matin où tu te mis debout, les malheurs ne cessèrent de pleuvoir sur ce berceau de l’humanité comme si des forces maléfiques voulaient punir ceux qui avaient eu l’audace de poser le pied sur leur continent et de contrarier leurs desseins. Elles ont craint sans doute que vous envahissiez le monde nouveau en reléguant leur œuvre dans les entrailles de la terre, où plus tard elles vous précipitèrent.

L’eau tomba sur vous comme au temps du déluge pour effacer toutes traces et le soleil se fit si brûlant qu’il anéantissait ceux qui avaient eu l’outrecuidance de lui tenir tête en se mesurant à lui. Les nuits furent si froides qu’elles faisaient gémir les hommes tandis que les rochers éclataient de désespoir en rendant l’âme.

 

En ce temps, là plus que du nôtre, la vie se méritait et il vous fallait être fort pour lui voler quelques années. Je sais qu’alors l’espérance de vie était modeste pour des êtres qui vivaient que d’un peu de chasse ou de pêche, mais surtout de cueillette. De nos jours, on ne sait plus quoi inventer pour nous rendre la vie douce et éloigner de nous votre souvenir et votre combat pour exister simplement, en toute modestie. Chaque jour était une découverte et pas seulement de votre environnement, car hommes nouveaux que vous deveniez, il vous fallut aussi découvrir ce que chacun de cachait en lui.

 

Sans doute a-t-il été plus difficile de s’adapter au caractère de ceux de la tribu que d’accepter les rigueurs et les secrets d’une terre dont vous ignoriez qu’elle fût cultivable et qu’elle n’attendait que vos mains pour la fouiller et mettre à jour ses richesses. L’heure de créer des outils n’avait pas encore sonnée. C’est peut-être pour cette raison que toi et les tiens devinrent des nomades, suivant les fructifications, pareil aux oiseaux changeant sans cesse de réfectoire.

Ce ne fût pas inutile puisque ce mode d’errance vous permit de rencontrer d’autres peuplades aux hommes desquelles vous vous donnèrent et ainsi assurer la survie de votre groupe en mélangeant les sangs.

Mais quand même ma chère aïeule, je ne puis m’empêcher d’être triste en ce soir en songeant à ce qui est devenu notre berceau. Je pleure avec toi de le voir disparaître chaque jour davantage et pas seulement à cause du dérèglement climatique. Je pense à la cupidité des hommes à leur orgueil et à leur égoïsme qui les rend aveugles et sourds aux appels de leurs frères.

 

Ma chère Lucy, pour ce soir se seront là les derniers mots que ma pensée désirait qu’ils volent vers toi, en espérant de toutes nos forces que les hommes qui nous succéderont seront des bâtisseurs et qu’ils remettront notre lieu comme à l’original, à la façon que l’on a d’appliquer le baume qui apaise et qui permet au cœur de sourire à nouveau.

Amazone Solitude

Par amazone.solitude
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 01:10

Avec les premiers jours d’automne qu’accompagne un vent triste venu du Nord, les arbres pleurent leurs feuilles, comme les hommes laissant couler leurs larmes quand le désespoir frappe à leur porte.


Timidement d’abord, elles se décrochent en s’excusant presque et s’enfuient sans se retourner vers leur dernier rendez-vous. Elles ignorent où elles se trouveront lorsque le jour aura décidé de les confondre dans son crépuscule. Sans doute, les bourrasques les auront-elles entassées pêle-mêle, les unes par-dessus les autres ignorant les variétés, dans un sentier oublié de la forêt où ne passe jamais personne. Mélangées et souffrantes, elles tenteront d’échanger dans un ultime murmure leurs souvenirs pour en faire une histoire simple, mais ô combien triste.


Ils seront alors oubliés les beaux jours du temps de l’innocence, à l’étroit dans le sein d’un bourgeon protecteur, trépignant d’impatience, dans un hiver jugé trop long et rigoureux. Oublié aussi le jour où,dans un dernier effort il s’ouvrit sous le regard émerveillé d’un soleil printanier alors que dans une douleur tout juste perceptible, la jeune feuille défroisse ses lobes ourlés de limbes de dentelles pareil à une jeune fille se rendant à son premier bal. Pressées de jouir du temps, elles s’élargissent dans un orgueil à peine contenu, accrochant jusqu’à l’extrémité de la moindre brindille une couleur si éclatante qu’elle semble suspendre un sourire à la forêt entière. Elles sont fières de participer à la vie et plus encore depuis qu’un amoureux leur à chuchoter que sans elles, la planète se mourrait.


En signe de reconnaissance envers celui qui les imagina dans les plus grandes souffrances et dans le secret de l’existence, la sève qui passe par leurs vaisseaux, avec l’aide de la lumière est vite transformée en une substance élaborée qui nourrit l’arbre jusqu’à la plus petite cellule.

Ce qu’elles savent de la vie, elles le tiennent du vent qui chante en passant les secrets venus d’ailleurs, ceux du temps et de l’espace et même ceux des hommes. Ceux-ci sont si différents les uns des autres ! Elles ont appris à les reconnaître lorsque dans la chaleur des étés, ils viennent se réfugier sous leur couvert. D’entre tous, il en est un, vers qui va leur préférence. Il s’installe le plus souvent à l’écart des autres estimant qu’ils mènent grand bruit. C’est un poète chuchote-t-on.

.

Elles aiment la façon particulière qu’il a de les regarder, qui force les yeux à s’abaisser et au teint à s’empourprer. Quel plaisir de le voir après un dernier coup d’œil, former les premières lettres d’un ver qui promet de nombreuses strophes à la gloire de celles qui sans retenue, se pâment dans la brise ! Il connaît les mots qui font frémir de désir, les airs de chansons que le vent à oublié en chemin, toujours pressé qu’il est d’aller souffler ailleurs. Les refrains qu’il entonne sont souvent à la gloire de celles qui s’agitent pour attirer son attention. L’émotion est à son comble lorsqu’il se baisse tendant la main vers elles. Elles aimeraient alors accourir toutes ensembles car elles savent alors que, délicatement, il en choisira une. Il la glissera avec mille précautions entre les pages de son ouvrage où leur semble-t-il une seconde vie les attend.


L’extase sera proche lorsqu’il fermera avec attention son recueil, presque avec tendresse afin de ne blesser aucun sentiment. C’est l’instant précis où le végétal va rejoindre les mots écrits pour lui. Chacun d’entre eux se mêlera à la texture végétale et par le miracle de l’union sacrée, ils offriront à la feuille sa mémoire éternelle, celle qu’elle avait craint de perdre quand le vent, dans un moment d’humeur, vint la cueillir avant l’âge, alors qu’elle se retenait avec la force du désespoir à la branche qui l’avait vue naître.


d'après "Destin de feuilles" de joreg de Solitude Amazonienne, texte intégral

 

 

Par amazone.solitude
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 01:32

Feuilletant le grand livre des souvenirs, je suis surpris de constater que les plus douloureux ne sont pas toujours ceux que l’on imaginerait qu’ils soient, surtout lorsque comme moi, on mena une vie trépidante, faite d’aventures, au passé quelque peu compliqué. Il arrive qu’une existence comme la mienne conduise parfois à des situations pénibles, lorsque audacieux, on se complaît à ignorer le danger en embuscade sur les pistes boueuses ou poussiéreuses s’enfonçant sous les forêts. Mais quand on a grandi trop vite au milieu d’hommes pressés d’oublier les rigueurs d’une guerre qui dura trop longtemps et mit à mal l’équilibre des familles, on se dit que rien de plus fâcheux que d’avoir été oublié sur le bord du chemin, ne peut plus vous arriver. Alors, on regarde le monde avec une vision différente et allant par les routes, on rencontre ceux que la vie a cruellement blessés. Ils perdent alors l’essentiel de la raison d’être, la vie et son concert de bon et de moins bon. Oui, il m’est arrivé de croiser des gens qui avaient été délaissés par leur famille et par leurs enfants. En ce jour, je pense à cette malheureuse femme que nous avions sauvée malgré elle. Revenue chez elle, elle avait tenu à me rencontrer pour me remercier. Il est des gestes pour lesquels on n’a pas à remercier, avais-je dit, surtout si la foi en la vie est revenu, si le désir de continuer a pris la tête du convoi des lendemains et si l’envie d’écrire une nouvelle histoire vous démange le bout des doigts. En chacun de nous, il y a un avant quelque chose et un après l’événement. Il nous appartient donc de rendre plus éclatant le soleil qui se décide à illuminer le seuil de votre demeure. Maintes fois, on me demanda si je n’étais pas un curé. Votre discours ressemble fort aux leurs ! Je répondais alors que les prêtres ne prenaient en charge que les âmes, c’est mon encombrant. Moi, ce qui m’intéresse c’est le confort et le mieux être des personnes parmi nous. Voyez-vous, il n’y a guère qu’en compagnie d’amis que l’on peut se laisser à aller à sourire et à permettre à la lumière de pénétrer en nous par l’intermédiaire de notre regard. Je sais que l’apprentissage du savoir vivre à nouveau est long et souvent douloureux parce qu’il réclame que nous oublions une partie de nous même, comme le bourgeon le fait d’un hiver long et rigoureux. Mais, c’est indispensable si l’on veut continuer à avancer, un peu à la façon de se relever prestement après avoir chuté au sol et tout aussi rapidement mettre un pied devant l’autre et filer vers l’horizon. Pas toujours pour nous même d’ailleurs, mais pour aller à la rencontre d’autres personnes que la souffrance harcelle. C’est toujours dans ces cas là que nous constatons qu’il est des épreuves plus violentes que les nôtres, cruelles et pernicieuses. J’ai toujours eu l’habitude d’aller de l’avant, bousculer les jours et leurs cortèges d’événements, mais aujourd’hui je reconnais que de temps en temps une pause est bénéfique. Elle nous rappelle, qu’il est bon de reprendre son souffle en marchant dans le passé comme on le fait à rebrousse chemin pour y chercher un objet égaré. Le regard que nous devons porter dans nos pas est important car c’est dans leur emprunte que c’est dessiné notre destination et c’est encore en eux que se décident nos lendemains qui s’imprimeront inlassablement rien que pour nous faire aimer les jours qui nous appellent vers le bonheur.

Amazone solitude

 

Par amazone.solitude
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